Kaira Looro concours international d’Architecture Sacrée, Tanaf, Sénégal

L’introspection, la spiritualité et la divinité : ces trois mots correspondent aux éléments fondateurs de l’architecture, du sacré et de la religion. La lumière et la légèreté des matériaux qui lient le divin à la terre créent une architecture de transition, où la recherche de l’intériorité est l’activité autour de laquelle s’organisent les espaces et les formes.

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En collaboration avec l'architecte, Johann Foltz : Portfolio

Le concept

Notre proposition s’articule autour des thèmes suivants : l’introspection, l’élévation de l’âme, la lumière, l’universalité, le symbolisme, la pureté formelle et l’intemporalité. Pour nous, ce sont ces thèmes qui font l’architecture du Sacré. Aussi, inspirés par l’architecture vernaculaire et les arts religieux primitifs, le choix d’une forme totemique s’est imposée.

Notre but, est également de proposer aux villageois un espace public aux abords du bâtiment, afin de renforcer le lien social entre les differents usagers,et de créer un lieu de convergence, universel mêlant toutes les confessions et rayonnant dans toute la région.

Notre défi est de traduire ces concepts abstraits en une architecture symbolique simple.

Les codes choisis reprennent des étapes d’ouverture de la conscience au Monde.

  • Le carré représente la Terre, l’Homme imparfait, ainsi que l’Ordre de l’Univers.
  • Le nombre d’or, ϕ, est universel et issu de la Nature, il est utilisé dans l’architecture sacrée depuis l’antiquité.
  • La caverne représente un lieu de rite de passage et d’initiation.
  • La tour représente un lien entre terre et ciel, un lieu d’ascension vers le céleste.

Espace et volumétrie

La transposition architecturale de ces étapes s’est matérialisée par un plan carré sur toute la surface de terrain disponible (350m2). La surface a été divisée par une succession de rapports du nombre d’or, créant ainsi un tracé régulateur. Cela permet d’établir les proportions et la volumetrie du bâtiment ainsi que les hauteurs de structures (30m), conférant ainsi unité et unicité à la composition.

Quatre sous-espaces se sont donc dégagés de ce tracé régulateur :

  • « Le cloître »

Premier sous espace, vide, semi-ouvert, éclairé et filtré par le puit de lumière de la tour.

Partiellement enterré et structuré par des colonnes s’inspirant d’un cloître traditionnel, il invite les pèlerins à entrer avec retenue. Cette trame se retrouve également dans les différents espaces de la tour. Cet espace donne accès au second sous espace, « La Caverne ».

  • « La caverne »

Second espace, enterré, multifonctionnel et modulable, il est utilisable tant pour des cérémonies religieuses, des expositions d’art sacré, des séminaires que pour accueillir des malades en cas d’épidémie.

Sa spatialité rappelle l’Ordre, avec des colonnades organisées selon le rapport du nombre d’or, créant à la fois une sensation de profondeur et de sobriété propice à l’introspection et à la méditation. Cet espace est souligné par une voûte et une lumière zénithale filtrée, se rapprochant au maximum de l’ambiance d’une caverne.

  • « La tour »

Troisième sous espace, formalisant le lien entre la terre et le ciel. Les croyants peuvent y déambuler à leur gré, dans une symbolique de rapprochement avec Dieu et de la recherche de soi. Cette déambulation en spirale propose différentes étapes de cheminement et de méditation grâce aux respirations que proposent les plateaux et l’ouverture unique sur le ciel au sommet de cette tour. Des jeux de filtres et de lumière créent des ambiances mystiques propices aux questionnements

  • « La place « 

Quatrième et dernier sous espace, créé en partie par la voûte de la caverne et développé à tous le bâtiment. Le but est de proposer plus qu’un lieu sacré, de proposer un lieu informel, convivial, de rencontre, d’échange, de partage de valeur et d’interculturalité.

Technique

La structure, les matériaux et les techniques constructives ont été imaginés et choisis pour permettre une mis en œuvre simple et peu technologique, sans pour autant être simpliste.

L’idée générale de la réalisation technique est la rationalisation de la construction, le faible poids et le réemploi des déchets issus de la construction ou non.

Le réemploi va se concrétiser dans la réutilisation des déblais constitués par la création de la caverne et le dégagement de l’entrée du bâtiment qui servira à l’aménagement des abords et à la réalisation des gradins et accès. Ces déblais permettent également d’isoler et réguler la température dans l’espace « caverne », ce qui peut se révéler indispensable en cas d’épidémie. Des pneus enduits seront utilisés pour toute la partie structurelle de soutènement en périphérie du bâtiment.

La rationalisation de la structure permet de produire des éléments structurels identiques à grande échelle tout à fait réaliste, avec des entraxes de colonnes et des portées n’excédant pas 5-6m. Ceci permet d’avoir des sections de poutres raisonnables et une manutention optimisée.

Grâce à la perméabilité des façades, la tour à une faible prise au vent. Combiné à sa structure triangulée fortement ajourée, son poids est fortement diminué, ce qui est un atout majeur dans la réalisation des fondations. Celles-ci ne requièrent donc pas de technologie majeure ou high tec pour un bâtiment d’une telle hauteur. Les quatre piliers de la tour servent également de contreventement rigidifiant la tour.

Espace construit :
« Caverne »
Matériaux Finitions Eléments
Fondations périphérique Réemploi de pneus Enduit à l ‘argile soutènement
Structure Tronc de palmier brut colonnes
Béton de coquillage brut voûte
Parement Latérite Brique ajourée façade
« Tour »
matériaux finitions éléments
Structure baobab naturel poutres/structure générale
parement Tronc mangrove brut Façades internes
Feuille de palmier brut Façades externes
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