Architecte depuis quelques années maintenant et rodé aux différentes administrations, cela me surprendra toujours de réaliser lors de permis d’urbanisme des documents sans lien avec l’architecture, surtout pour des petits projets.

Depuis le CODT (code du développement territorial) et ses changements, d’abords fructueux parce qu’une ligne de conduite a été donné concernant les démarches urbanistiques et qu’elle sont applicables de la même façon partout en Wallonie, pour toutes personnes ou entreprises désireuses d’effectuer des travaux. Et pour l’administration, de tenir des délais raisonnables, pour ne pas éterniser les démarches et réduire à néant l’enthousiasme des demandeurs.

Malheureusement ce fut trop beau! Ce canevas est devenu l’arme fatale des administrations, puisque les délais réglementaires sont à priori trop court pour le suivi des dossiers. Celles-ci ont trouvé la parade pour les allongés en cherchant la petit bête dans les dossiers ou en demandant des précisions intrusives ne concernant pas l’objet de la demande en prétextant une mauvaise compréhension du projet. Leur but est de se donner un délais supplémentaire pour répondre à la demande et en même temps d’augmenter leur contrôle.

L’architecte doit alors compléter le dossier et les délais recommencent seulement après le dépôt des éléments complémentaires pour mettre fin à l’incomplétude du dossier. Pour ma part, cela est devenu agaçant puisque devenu régulier… Pour qui passe l’architecte? Pour un incompétent? Qu’en pense les clients?

En plus des documents de bases du dossier de permis d’urbanisme qui précisent la géologie, la géographie, le patrimoine, la végétation… du bien concerné. Nous devons ajouté d’autres documents tel que le COPAT depuis juin 2019 et la BDES depuis avril 2019.

Le COPAT, inventaire du patrimoine permettant d’identifié des biens classé ou en voie de classement et suivi d’une flopée de mesures et d’études dont le Gouvernement Wallon se porterait garant.

La BDES, banque de données de la pollution du sol répertoriant les terrains pollués connus, qui font l’objet d’études approfondies lors de la cession d’un bien et davantage si l’administration estime que l’étude est insuffisante.

Est-ce bien là, la mission de l’architecte de faire les démarches de répertorisation, d’inventaire, d’étude de sol, d’étude de pollution, de sauvegarde du patrimoine? Ne serait-ce pas des compétences de l’Administration? Nous le faisons sachant bien que l’administration a également accès à toutes ces données via le système de viewer grand public ou via leurs logiciels spécifiques. Notre travail fait alors doublon, ce qui pour moi, en plus d’être énergivore et chronophage me dispersent dans ma mission première de concepteur d’espaces.

Nous, architectes, nous subissons régulièrement de nouvelles charges de travail, qui sont, pour moi, inutiles à la mission d’architecture. Celle-ci sont déjà bien assez prenantes! De plus, cette surcharge de travail est difficile à répercuter et à expliquer aux clients. Ils ont souvent du mal à comprendre la complexité et l’utilité de ces démarches souvent lourdes et perçues comme entravant leur projet.

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